LIT MINEUR ET LIT MAJEUR

En période pluvieuses ou de fonte de neige, la rivière est fortement en crue. Elle sort de son lit habituel (lit mineur) pour occuper le fond de vallée nécessaire à son écoulement, c’est son « lit majeur ». La conservation des lits majeurs est indispensable à la dynamique des rivières.

Comprendre la dynamique du cours d’eau

L’ÉROSION

Inlassablement l’eau est à l’ouvrage !

Les phénomènes d’érosion des sols, de transport des matériaux érodés et de leur sédimentation façonnent en permanence de lit de la rivière.

L’érosion peut être mécanique : grandes quantités de blocs, galets, graviers, sables, matières en suspension enlevés au sol à l’état solide. Elle peut aussi être chimique : carbonate de calcium enlevé par dissolution aux roches des régions calcaires. Plus le courant des eaux est rapide et plus l’érosion et l’évacuation de matériaux vers l’aval sont favorisées.

En zone d’érosion, la forme du lit de la rivière est liée à la composition (résistance) des terrains traversés.

VIDÉO « Des cours d’eau en pleine forme »

La sédimentation

La sédimentation, c’est à dire le dépôt des éléments transportés, s’effectue lorsque la vitesse d’écoulement ralentit (zone de faible pente, diminution du débit). La rivière a perdu beaucoup de son énergie et dépose progressivement ses sédiments en commençant par les plus volumineux. Elle façonne son lit et ses rives.
Cependant, la rivière modifie constamment son cours. Si son débit et la vitesse du courant augmente, par exemple lors de crues, elle peut reprendre des sédiments qu’elle a déposé précédemment et les charrier plus loin en aval.

L’espace de liberté d’un cours d’eau

Dans les plaines alluviales, c’est à dire constituées d’alluvions apportées anciennement, la rivière (qui hésite en quelque sorte) peut changer périodiquement son lit de place en place à la faveur des « à-coups » des crues. Le « couloir » où peut se déplacer le lit mineur, est appelé espace de liberté (ou espace de mobilité) de la rivière. Ces « divagations » sont sources de diversité et de qualité de l’écosystème.
Mais trop souvent, l’homme a rendu impossible ces « divagations », pourtant sources de diversité écologique, en corsetant la rivière avec des enrochements ou des digues.

Grâce au travail des eaux, la rivière s’est constituée au fil des années, un profil longitudinal d’équilibre hydrodynamique (pente régulière). C’est un équilibre très fragile que peuvent remettre en cause des travaux de modification du lit de la rivière. Par exemple, le court-circuitage de méandres (accélération du débit) déclenchera une érosion régressive, c’est à dire en amont du lieu des travaux.
Une bonne gestion de la rivière devrait chercher à préserver, et même à restaurer, l’espace de liberté de son lit pour un bon fonctionnement hydrologique et morphologique, gage d’un bon état écologique des eaux.

QUELQUES ACTIONS DU SBGH CONCERNANT LA DYNAMIQUE DES COURS D’EAU

Suivi des points particulièrement sensibles

Suivi de points particulièrement sensibles : un exemple avec l’érosion au Pont de Fer sur le Douctouyre à Dun.
Suite au constat d’une érosion menaçant une pile du pont, après plusieurs réunions sur le traitement du problème avec les services concernés, le SBGH a lancé une étude pour évaluer l’évolution de l’érosion, les incidences sur le pont et les solutions pour y remédier. Des travaux ont ensuite été réalisés.

Réflexion et projets concernant la restauration de champs d’expansion de crue

Un exemple : la réalisation d’une étude d’amélioration du fonctionnement des zones d’expansion des crues du Douctouyre par la suppression de merlons, sur le site test d’Embayourt à Dun.

CAMPAGNE D’ACQUISITION DE CONNAISSANCE DE TERRAIN SUR LA RIVIÈRE VIXIÈGE

La Vixiège, rivière qui fait partie du bassin versant de l’Hers, fait l’objet d’une étude pour définir une stratégie de gestion durable de son bassin versant. Dans ce cadre, le SBGH effectue des relevés de terrain afin de déterminer les principales dynamiques morphologiques en action sur les différents tronçons étudiés, leur origine et ainsi déterminer localement les points de dysfonctionnement. Des relevés ponctuels destinés à réaliser des calculs  de capacités de transport « simples » vont permettre de confirmer les observations de terrain sur la dynamique du cours d’eau.